|
LA CORRIDA AU XXIème
SIECLE, pourquoi ?
Colloque des 9 et 10 Décembre 2005, Nimes, sous la
présidence du Pr. Bartolomé BENNASSAR,
organisé par "Arts, Cultures, Foi", collaboration du club taurin "les amis de
Pablo Romero" et du CUEM-CPT (Cercle Universitaire d'Etudes et de Médiation des
Cultures et Pratiques Taurines)

Le colloque de la honte, les jeux pipés
Introduction et présentation de l'évènement
"La corrida est aujourd'hui en
question dans notre société.
Le temps semble venu de faire le point sur ce qu'exprime aujourd'hui ce rituel
à la fois "barbare" et sublime…
Ce colloque n’a pas pour but de se positionner "pour" ou "contre" la corrida."
Reprenons les propos du psychanalyste, Patrick Faugeras,
intervenu lors du colloque. Il nous donne les clés qui animent tous ceux qui
souffrent d' "aficion", littéralement affectés par (les aficionados) le besoin
de se repaître du spectacle de la souffrance et du sang dans les corridas. En
anglais, on parlerait simplement de "blood addiction".
D'entrée, nous sommes au parfum de la
mascarade.
"Le psychanalyste ne peut, en tant que
tel, parler de la corrida,
sinon comme tout un chacun, en tant qu’aficionado". P.F.
Faux, le psychanalyste véritable n'a pas à parler comme tout
un chacun qui serait obligatoirement aficionado. un analyste se doit d'être
objectif, surtout lorsque le psychisme des enfants et la vie en général sont
concernés. Le fait de vouloir faire croire que tout un chacun est aficionado
révèle d'une sombre dissimulation de la vérité pour entraîner, par la force du
nombre, ceux qui n'auraient pas encore plongé dans cette cruauté. Quant à la
compassion, l'aficionado qu'il est ne peut en parler !
"... Une parole, il faut le dire, qui
imposerait l’évidence de sa puissance en s’appuyant sur le fantasme de la
transparence et sur le mythe de la rationalité ?" P.F.
Le psychanalyste l'avoue lui-même de manière alambiquée :
surtout ne pas faire appel à la transparence et à la rationalité, leur
"puissance évidente" renverserait la vapeur, les esprits en seraient changés.
Restons dans le domaine du pseudo symbolisme et de la violence ancestrale qui
dort en l'homme, douces nécessités qui permettent de tout justifier.
L'absolution solidaire du psy
"violence et culture... Nous (notons
le "nous" de la solidarité) ne sommes pas des anges, chaque acte véritable,
tauromachique ou autre, a des effets. Il est un excès qui vient trouer, déborder
pour dévoiler le réseau des significations dans lequel nous sommes pris et que
nous ne percevions pas." P.F.
L'esthétisme de l'imprévisible redoutable
"La corrida, c’est la confrontation
d’un homme
et d’un réel imprévisible et redoutable,
un homme essentiellement armé d’un bout de tissu et d’une technè
(un art)
qui, par une posture esthétique, va s’employer à maîtriser ce réel." P.F.
La corrida, c'est la confrontation d'un être animé de
pulsions de violence qui a forgé des armes puissantes en vue d'assurer sa survie
contre un être sans pulsion de violence, désemparé, coupé de son environnement
naturel, de ceux qu'il aime, affaibli et désarmé. Où est le réel imprévisible et
redoutable ? Dans l'esprit de l'homme perverti qui invente un danger pour
justifier sa cruauté et pour mieux jouir de sa puissance destructrice
esthétisée.

La violence justifiée
"J’entends soutenir que l’acte tauromachique, en tant que création,
est un acte violent,
non pas tant parce qu’il y est question de fer et de sang,
mais parce qu’il est fracture et imposition d’un ordre face au réel,
qu’il en est la mise en scène, la commémoration,
qu’il est la célébration d’un acte fondateur de l’humanité de l’homme."
P.F.
Oui, il y est question de fer et de sang, mais glissons... la
victime n'est pas là pour parler ! L'art de tout justifier. Glorifions, puisque
l'acte violent de la corrida commémore et célèbre l'acte fondateur de l'humanité
de l'homme ! Belle humanité qui a besoin de sang et de mort pour célébrer sa
naissance alors qu'elle n'est pas encore née ! Elle naîtra lorsque ses pulsions
de destruction et de mort, d'atteinte à la vie seront maîtrisés. Regardons le
triste état de la Planète pour comprendre combien il est urgent que l'homme
naisse avant de tout détruire autour de lui ! Oui, l'acte tauromachique est un
acte violent, c'est un spécialiste aficionado qui l'avoue. Non, l'acte
tauromachique n'est pas création, il est destruction. Toute création véritable
ne peut être que porteuse de vie !
Trouer, déborder, pour dévoiler
"Chaque acte véritable, tauromachique
ou autre, a des effets,
il est un excès qui vient trouer, déborder
pour dévoiler le réseau des significations dans lequel nous sommes pris
et que nous ne percevions pas." P.F.
Curieux, tout de même, et injuste pour le
taureau et les autres animaux, humain inclus, que pour se dévoiler à soi-même il
faille trouer la vie de l'autre, la faire déborder, en un mot l'assassiner.
J'ignorais que le rôle du scientifique et du psychanalyste était de tout justifier, toutes les
guerres, tous les crimes, toutes les injustices de l'humanité.
La Vie a des droits.
Quand allons-nous nous décider à évoluer vers plus de conscience, d'amour et de
respect ?
La
lâcheté ultime
La
parole qu'on refuse à l'autre
"Comme pour l’acte poétique,
on ne peut pas « parler de » corrida,
mais elle nous fait parler, d’une certaine façon,
et avec d’autres.
Comme s’il fallait, chaque fois, que nous trouvions les mots
qui feront encore résonner le silence
et la petite musique
qui se sont emparés de nous lorsque l’événement nous a saisis
et que nous touchions, par le biais de nos émotions,
au plus inaccessible de nous-mêmes, au plus intime." P.F.
La petite musique de la cruauté... celle qui saisit l'aficionado au plus
intime de lui-même, la parole du silence lorsque le tueur et ses complices
coupent les oreilles et la queue du taureau pendant qu'il est encore en vie
après le supplice subi ! Petite musique intérieure de l'ultime lâcheté !

Le cliché du héros magnifié
"Si la corrida nous fait parler, elle
nous fait parler avec d’autres,
tout aussi présents qu’absents.
On peut penser que, plus l’identification au torero –le héros magnifié-
va s’avérer puissante,
plus la communauté sera foule, masse, soumise au discours." P.F.
Intéressant de voir qu'un psychanalyste connu et reconnu,
parle si ouvertement de ses fantasmes de héros magnifié. Triste de constater
qu'il ne les a, apparemment, pas réglés puisqu'il éprouve le besoin de se rendre
au spectacle de la lâcheté et de la cruauté parodiant l'initiation du héros
sanctifié et de le justifier ! D'ailleurs, lisons avec intérêt ce qu'en dit Jacques Massip à la fin du colloque, confirmant la non
objectivité de l'intervenant :
"...ne rien dire sur le sujet concerné, mais dire sur ce qui
en est dit". A partir de ce principe, la psychanalyse ne peut donc dire que sur
son propre dire. C'est donc ce qui a été fait, elle a parlé sur elle-même et
bien peu sur la corrida eu égard à la question initiale, et ceci malgré l'afición
personnelle de l'intervenant. Par un renversement des données, cette conférence
aurait pu être intitulée "La psychanalyse au risque de la corrida". Quelques
lapsus et manifestations du langage non-verbal de l'orateur ont d'ailleurs donné
un relief particulier à cette intervention." J. Massip.
No comment !
Les anticorridas
"Ce que je ne supporte pas bien chez les
anti-corrida,
c’est la banale « modernité » de leur propos :
elle sacrifie à une certaine idée du progrès humain
qui, parfois, sous couvert de bons sentiments,
promeut ou s’inspire à son insu d’une certaine idée d’un homme moderne,
débarrassé, nettoyé, épuré de ses passions comme de ses souffrances
et qui, au lieu de jouissance,
ne connaîtrait que des plaisirs sains,
hygiéniquement contrôlés et moralement irréprochables." P.F.
Ah, ces Anticorridas ! (avec A majuscule, SVP, Monsieur) Et CRAC !
Ecorchons, si possible saignons "les empêcheurs de torturer en rond" (slogan
du Comité
Radicalement Anti-Corrida). Insupportables de "banale
modernité". Eh oui, Cher Monsieur, l'homme a évolué, il arrive parfois à
éprouver de "bons sentiments", à se libérer de ses pulsions de mort pour
ficher la paix à ce qui vit, il aspire à la sanité collective où les animaux
dont l'homme fait partie vivraient dans la paix !
Compassion, amour, respect, ces mots, vous connaissez ? Normal de vouloir les
ignorer, vous vous nourrissez au propre et au figuré de pulsions de mort et de
jouissance incontrôlées, d'insanité psychique, de violence et d'immoralité.
Votre système maladie se porte bien. Normal que vous le défendiez ! Hygiène
mentale et moralité psychologique, l'horreur ! Allez, les Anticorridas !
Haut les coeurs de la Compassion ! Continuons avec notre banale modernité vers
une Humanité (H majuscule, s.v.p.) débarassée de ses scories du passé !
L'incitation au "contre nature"
"La violence, selon l’étymologie latine,
signifie
ce qui est contra naturam, contre nature.
Il n’y a pas d’ordre naturel des choses sinon celui que nous imposons
et aucun discours ne peut prétendre dire la vérité du réel." PF
No comment. Oui, comment. C'est ainsi que l'on absout la
pédophilie et la zoophilie qui en "imposent" contra naturam aux plus faibles.
Autres facettes d'un "réel imprévisible et redoutable" et dont aucun discours ne
dit la vérité du réel. Amen ! Cessons de nous servir de notre intelligence pour
asservir et inciter à l'asservissement en justifiant la violence imposée "contra
naturam" !
Il y en a qui feraient mieux de se taire et de se
psychanalyser. D'autres qui feraient bien de veiller à ne pas amalgamer foi,
culture, tuerimachie. D'autres qui devraient veiller à contrôler l'utilisation
des fonds publics.
CONCLUSION
Ce colloque,
nous disait l'introduction, n’a pas pour but de se positionner "pour" ou "contre" la corrida." Faux, ce colloque, sous couvert de culture,
d'art et de foi, avait pour but
unique l'apologie de la corrida. Témoin la conclusion de Jacques Massip qui
synthétise la présentation, notamment celle de Christian Salenson.
http://www.corrida.tv/rubriques/actualites/index.asp?id=1720
"La corrida est un événement unique très particulier, et non
un spectacle, qui ne trouve sa raison d'être que dans les structures
inconscientes de chaque être humain, rejouées publiquement afin d'en offrir les
signes visibles. Elle est un art, et à ce titre, nécessite une initiation qui
donne tout son sens à l'interrogation de ces deux soirées. Car, en fait, avant
toute chose, c'est la question en tant que telle, qu'il convient de comprendre.
Les notions de beauté, de transcendance, s'imposent alors d'elles-même." C.
Salenson
Beauté et transcendance pour qui ? Des esprits irrespectueux de
la Vie ?
La lecture de la synthèse de Jacques Massip,
truffée d'expressions tuerimachiques affligeantes, prouve, si besoin était, que les jeux étaient bien pipés, comme ceux du
taureau entrant dans l'arène, dont les pieds et les yeux ont déjà été brûlés, et
qui ne peut parler.
J'aimerais que ces lâches laissent le taureau s'exprimer. J'aimerais entendre le
taureau supplicié parler. J'aimerais que l'Humanité véritable naisse, que son
coeur compassion puisse s'exprimer, que les êtres vivants puissent enfin vivre
en paix.
"Les
officiants portaient tous le même habit de lumière, celui des sciences
humaines." veut nous faire croire Jacques Massip dans son résumé du colloque. A
quoi sert d'avoir l'intelligence, les titres de professeur, de psychanalyste, de
philosophe, si nous nous en servons pour justifier le crime et que nous oeuvrons
pour l'impunité de l'insanité ? "Science sans conscience n'est que ruine de
l'âme" disait Montaigne... et de la vie... Nous n'avons qu'à regarder autour de
nous pour voir les dégâts que l'homme génère depuis qu'il croit que sa grandeur
et sa science en font le maître incontesté de la planète et des autres espèces.
Cessons de baigner allègrement nos âmes dans le sang de la cruauté !
Joëlle Oldenbourg
Ecrivain, AffLicionada,
Déclaration des
Droits de la Vie
Mouans-Sartoux,
1ère ville de France amie des animaux et anti-corrida

Création
Bannière
Feegraphic
"Ce que vous êtes crie si fort, je n'entends pas ce que vous dites."
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour
que vous puissiez le dire." Traité de la Tolérance, Voltaire
Voir pétitions et actions contre la barbarie zoosadique. Merci.
|